Le Substack de Guillemette

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Les marchands d'orage

Écrans, IA, conseils amoureux... Qui fabrique nos certitudes ?

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Guillemette Faure
mars 18, 2026
∙ abonné payant

Cette semaine, le strict superflu ne sait plus à qui faire confiance. Aux parents qui prétendent contrôler le temps d’écran ? Aux experts en IA qui croient justement que ce sur quoi ils ont misé va tout transformer ? Aux conseils en relations amoureuses recyclés sur des forums de plus en plus dépités ? Heureusement, il reste les scrutateurs bénévoles du second tour !

Si vous ne l’êtes pas encore, vous pouvez toujours vous abonner pour 5 euros par mois, soit le prix d’une barquette de fraises, ou de 40 euros par an, soit le prix d’un fraisier pour 6 personnes chez un bon pâtissier.

Alors que j’étais invitée dans une école primaire pour une rencontre autour de ma BD sur la consommation, j’avais demandé à l’enseignante si je pouvais, à la fin, poser quelques questions aux CM1 et CM2 sur leurs parents et leur smartphone. Ça a été un festival !

Tous avaient des histoires à raconter : ils imitaient le “hmmm” des parents qui font semblant d’avoir entendu alors qu’ils sont sur leur téléphone, décrivaient ceux qui disent bosser alors qu’ils suivent un match de foot ou scrollent sur Vinted… Un garçon a raconté avoir enfermé son chien et le téléphone de sa mère dans la salle de bain pour voir de quelle absence elle se rendrait compte en premier. Et une petite voix a dit “mes parents sont toujours sur leur téléphone, et c’est embêtant parce qu’ils ont écrit un livre sur les écrans…” (leur nom sera dans la version platinum de mon substack payant).

Je vous ai déjà dit combien je trouvais absurde de parler du problème des enfants avec les écrans, sans s’interroger sur le nôtre. On aurait bien plus leur attention si les conférences qu’ils ont sur le sujet dans les écoles étaient annoncées comme ça, pour leur proposer de traiter de l’addiction de leurs parents.

Pour obtenir leur attention sur cette question, il faut commencer par reconnaître nos propres difficultés, ne pas se placer en surplomb pour leur expliquer la vie, leur parler plutôt de nos amis qui ont désinstallé les réseaux sociaux de leur téléphone ou installer des bloqueurs. Je me souviens de la campagne “Oh le beurk” contre les déchets balancés des fenêtres des bagnoles, ou de la chasse au gaspi. Ces campagnes donnaient aux enfants et aux ados un rôle actif, au lieu de les traiter en petites choses vulnérables qu’il faudrait éveiller.

C’est la raison pour laquelle je vais publier ce livre le 3 juin chez Casterman.

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La petite boutique des mythologies : faut-il écouter les pronostics des boîtes d’IA ?

Je suis évidemment, comme beaucoup très perturbée, par les conférences et les rapports sur tous nos métiers que l’IA va faire disparaître. Mais je suis aussi frappée par la déférence avec laquelle on traite les prévisionnistes de la profession.

Franchement, quand les cabinets de cybersécurité nous disent que nos ordinateurs sont mal protégés, quand les agents immobiliers annoncent que c’est le moment d’acheter, quand les industriels de la voiture électrique promettent une bascule imminente vers le tout-électrique, on garde un peu plus de scepticisme.

Et pourquoi, des entreprises passés maîtres dans l’art de de capter notre attention seraient-elles soudainement fiables quand leurs dirigeants s’expriment sur notre avenir ?

Quand on voit comment ChatGPT est passé de la flatterie en début de réponse (“ton idée est brillante”) au clickbait éhonté en fin de message (“je peux aussi te donner l’herbe aromatique secrète à ajouter à ta blanquette dont tout le monde raffole”), on a

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